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Dossier de Presse simplifié sur les Maisons familiales rurales

 


SOMMAIRE

L’histoire du mouvement
Originalité et actualité de la démarche des MFR
Cadre juridique
Profil d'une Maison Familiale Rurale
Les formations des Maisons Familiales Rurales
La pédagogie mise en œuvre
Résultats aux examens et insertion professionnelle
Coûts pour les familles et l’Etat
Le mouvement en France
Le mouvement à l'Etranger
Bibliographie

 

Chaque Maison familiale est un établissement scolaire qui propose des formations par alternance à tous les niveaux de l’enseignement professionnel (4e, 3e, CAP, BEP, Bac professionnel ou technologique, BTS…). Les jeunes ou les adultes présents dans les Maisons familiales rurales sont soit des élèves sous statut scolaire dépendant du ministère de l’Agriculture, soit des apprentis principalement dans des formations de l’Education nationale ou soit encore des stagiaires de la formation professionnelle continue.
Les Maisons familiales rurales se caractérisent par leur pédagogie et leur approche éducative spécifiques qui associent la formation générale et la formation professionnelle en étroite relation avec les réalités du terrain, l’accueil en internat et en petits groupes, le suivi personnalisé des élèves, l’implication des parents et des entreprises, l’émergence du projet de chacun, le rôle d’accompagnateur des formateurs…

L’histoire du mouvement

Les origines du mouvement

Le mouvement des Maisons familiales rurales (MFR) est issu d’un courant de pensée qui, au début du siècle dernier, a profondément imprégné le monde rural. A l’origine, on trouve aussi bien les idées de démocratie sociale d’inspiration chrétienne du Sillon de Marc Sangnier que celles des militants du Secrétariat central d’initiative rurale (SCIR) dont l’ambition était d’organiser le monde agricole.
La première Maison familiale rurale a été créée en 1937 à Lauzun (Lot et Garonne) à l’initiative de syndicalistes paysans, parents d’adolescents qui ne trouvaient pas dans le système scolaire existant de réponse adaptée à leurs besoins, d’une section locale du SCIR et d’un curé de campagne, l’abbé Granereau. Partant du constat que l’enseignement traditionnel ne formait pas d’agriculteurs mais poussait plutôt les jeunes ruraux soit à abandonner trop tôt leurs études, soit, pour les plus doués d’entre eux, à partir vers la ville, ces pionniers du mouvement adoptèrent, dès le départ, les trois grands principes de base qui ont fait le succès des Maisons familiales rurales et qui président encore aujourd’hui à leur développement :

  • Permettre aux familles d’exercer pleinement leurs responsabilités éducatives,
  • Contribuer à l’évolution du milieu rural et du territoire,
  • Préparer les jeunes à s’insérer et à être acteurs dans la société.

Concrètement, ces principes ont été mis en œuvre grâce aux modalités suivantes :

  • L’association des parents à l’enseignement,
  • Le système pédagogique de l’alternance,
  • L’organisation de la vie des élèves en petits groupes et en internat.

Des formateurs furent recrutés et une première formation fut préparée. Deux ans après, était créée la première Maison familiale rurale pour les filles. Le mouvement continua à se développer durant toute cette période et se structura dès 1942 par la création de l’Union nationale des Maisons familiales rurales. Fin 1944, le nombre d’associations s’élevait à 65. A la Libération, les Maisons familiales rurales ont bénéficié d’une reconnaissance et d’une subvention du ministère de l’Agriculture.

Les MFR affirment leur identité et développent une pédagogie originale

Les Maisons familiales rurales ont eu le souci constant de conserver leur autonomie en prenant appui sur la responsabilité et l'implication des familles. En 1941, l'interdiction de la pluralité syndicale conduisit les MFR, afin de conforter leur indépendance, à quitter le statut syndical pour adopter comme base juridique l'association loi 1901.
En 1945, lors de l'Assemblée Générale de l'Union nationale, le problème fondamental des relations avec l'Etat et avec l'Eglise fut clairement posé. Il fut solennellement acté que le mouvement pouvait être soutenu par l'Etat et inspiré par la religion mais qu'en aucun cas, il ne devait être absorbé par l'un ou par l'autre. Il fut réaffirmé que c'était la famille qui, en dernière analyse, constituait le socle du mouvement.
A partir de 1946, les responsables du mouvement qui s'étaient surtout préoccupés jusque-là du développement de la formule s'attachèrent à formaliser la pédagogie de l'alternance. Largement inspirées des pédagogies nouvelles et centrées essentiellement sur le vécu du jeune et de sa famille, les réalisations des MFR permirent de promouvoir une pédagogie audacieuse et novatrice par rapport aux méthodes jusque-là utilisées dans les écoles d'agriculture. Progressivement, sous la conduite d'André Duffaure, une méthode et un programme furent mis au point. Dès 1955, des fiches pédagogiques furent élaborées et mises à disposition des Maisons familiales. Parallèlement, la formation des moniteurs se structurait et se développait.

La création des Maisons familiales de métiers

Les résultats positifs obtenus par les Maisons familiales rurales dans les formations agricoles conduisirent à appliquer les mêmes principes aux métiers artisanaux puis, plus généralement, dans les métiers non agricoles du milieu rural. Dès 1970, une quinzaine de MFR avaient ouvert une section "Métiers". Toutefois, leur développement souleva des difficultés juridiques et financières en raison de la position du ministère de l'Education fermé, à l’époque, aux idées de formation par alternance. La loi du 16 juillet 1971, celle du 10 juillet 1987, et celle du 20 décembre 1993 permirent aux MFR de développer les formations à d'autres métiers que l'agriculture dans le cadre de l’apprentissage. Aujourd'hui, 175 Maisons familiales ont des formations relevant de l'apprentissage. Ces dernières années, la progression des effectifs sous ce statut est d'environ 5 % par an.

Les grandes étapes législatives

Les textes législatifs ou réglementaires qui ont encadré historiquement le développement du mouvement des MFR sont principalement :

  • La Loi de 1929 sur l’apprentissage.
  • Différents textes inclus dans les lois de finance successives entre 1953 et 1959, qui ont défini progressivement le cadre financier et le régime juridique des MFR, en marge de l’enseignement agricole public.
  •  L’Ordonnance du 6 janvier 1959 sur la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans qui eut des conséquences fondamentales sur les MFR. En effet, celles-ci intervenaient en post-scolarité tant que l'obligation scolaire s'arrêtait à 12 ou à 14 ans. Désormais, l'action des MFR devait s'inscrire dans le cadre de la scolarité obligatoire. Une loi d'ensemble sur l'enseignement agricole public et privé devenait nécessaire.
  • La Loi du 2 août 1960 sur l’enseignement agricole qui, pour la première fois, introduit deux notions fondamentales pour les MFR : la formation professionnelle associée à la formation générale et la possibilité de pratiquer l'enseignement par alternance.
  • La Loi Rocard du 31 décembre 1984 reconnaissant les associations ou organismes offrant des formations à temps plein en conjuguant selon un rythme approprié les enseignements théoriques et pratiques dispensés, d'une part, dans l'établissement lui-même et, d’autre part, dans le milieu agricole et rural. C'est dans ce cadre que fonctionnent les MFR.

Originalité et actualité de la démarche des Maisons familiales

Dès le départ, la démarche des Maisons familiales rurales s'est distinguée nettement des autres formes d'enseignement tant par l'ambition que par le mode de fonctionnement et la gestion. L'association des parents à la formation grâce à l'alternance, la vie des élèves en petits groupes et en internat, les rôles dévolus aux formateurs, autant d'éléments de remise en cause de l'école dite « traditionnelle ».
Spécificité des structures, des types de fonctionnement, des modes de recrutement … le "Réussir autrement" des Maisons familiales interpelle forcément ses interlocuteurs et de façon plus générale son environnement. Mais un double constat s'impose : de nouvelles Maisons familiales se créent régulièrement et les jeunes formés par les Maisons familiales trouvent leur place sur le marché du travail et dans la société.
Cette vitalité tient à ce que le mouvement s'est construit et développé autour des thèmes qui sont aujourd'hui au cœur des débats de société, en apportant à chaque fois des réponses originales et pragmatiques :

  • écoute, dialogue avec les jeunes et responsabilisation à travers un engagement dans des activités avec des adultes,
  • construction d’un projet et orientation professionnelle,
  • formation en lien avec les réalités vécues par les jeunes,
  • renforcement du dialogue au sein des familles, responsabilité éducative, partage d’expériences entre parents,
  • ancrage dans des dynamiques locales pour répondre à de nouveaux besoins,  développement durable.

Le problème pour les Maisons familiales rurales a donc été d'entrer dans un cadre juridique et financier conçu par un enseignement qui ne prenait pas en compte les valeurs novatrices du mouvement. D'où le combat permanent - produire des services publics en refusant d’être assimilé aux pouvoirs publics - qu’elles ont dû mener notamment tout au long des discussions parlementaires des grands textes de lois concernant l'enseignement, la formation ou l'apprentissage. Ce combat s'est poursuivi souvent au niveau des textes d'application face à des ministères qui voulaient imposer leurs critères en matière de nombre d'heures ou de nombre d'élèves par établissement et refusaient la prise en compte des coûts de l'alternance au nom de l'idée que le temps passé en milieu de vie ne compte pas. Cette bataille a pesé et continue à peser sur l'attribution des budgets et subventions.
Pourtant, les Maisons familiales rurales peuvent témoigner de leur capacité à conduire des actions d’intérêt général et de services publics, en collaboration avec plusieurs administrations nationales ou territoriales, sans avoir perdu, jusqu’à ce jour, leurs principales spécificités.

Cadre juridique

Les formations scolaires par alternance au ministère de l’Agriculture : 76 % de l’effectif des MFR

L’enseignement agricole est organisé à partir des textes des lois dites « Rocard », loi du 9 juillet 1984 sur l’enseignement agricole public et loi du 31 décembre 1984 portant réforme des relations entre l’Etat et les établissements d’enseignement agricole privés.

La loi du 31 décembre 1984 sur l'enseignement agricole privé prévoit :

  • Des établissements qui ont un mode de fonctionnement et d’organisation proche de celui des établissements du public (article 4 de la loi), adhérents soit au Conseil national de l’enseignement agricole privé (CNEAP) qui regroupe les établissements catholiques, soit à l’Union nationale rurale d’éducation et de promotion (UNREP). Ces établissements sont liés par un contrat à l’Etat et leurs enseignants sont contractuels de droit public puisque l’Etat est leur employeur. L’Etat prend en charge le salaire des enseignants et des documentalistes et verse une subvention à l’élève pour les frais de fonctionnement.
  • Des établissements pratiquant l’alternance (article 5 de la loi), regroupant principalement les Maisons familiales rurales. Ces établissements sont liés à l’Etat par un contrat de participation au service public d’éducation répondant aux grandes missions de l’enseignement agricole. Pour ces établissements, l’Etat sert une subvention unique, globale et forfaitaire qui couvre une partie des charges de fonctionnement et de personnel de la Maison familiale rurale, calculée en fonction du nombre d’élèves et des niveaux de formations.
  • La responsabilité de l’association : Avant la loi « Rocard », sous le régime de la loi du 2 août 1960, l’Etat ne reconnaissait que les établissements. La responsabilité des associations n’était pas prise en compte. Par la loi du 31 décembre 1984, l’association est reconnue comme interlocuteur de l’Etat et partenaire dans sa mission de service public. C’est un acquis important pour les Maisons familiales rurales car l’Etat reconnaît ainsi la responsabilité des familles à travers l’association.
  • Les formations contractualisées : Le contrat est conclu pour un certain nombre de formations scolaires agricoles, un seuil minimal d’élèves et un effectif maximum.
  • Les obligations des Maisons familiales rurales : Les textes prévoient des exigences de qualification des formateurs, le respect des programmes nationaux et des diplômes, des contrôles administratifs, pédagogiques et financiers. Les élèves des Maisons Familiales se présentent aux mêmes examens que l’enseignement classique.

L’apprentissage : 18 % de l’effectif des MFR

Les Maisons familiales rurales ont la volonté, dans les années 1960, de développer leur système original de formation par alternance, pour répondre à l’ensemble des métiers ruraux, dans d’autres secteurs que ceux couverts par le ministère de l’Agriculture. Mais la législation de l’Education nationale ne permet pas cette ouverture (refus de la formation scolaire par alternance). L’apprentissage apparaît alors comme le seul cadre possible pour mettre en œuvre les principes des Maisons familiales rurales. Les premières Maisons familiales ont bénéficié de la législation des « cours professionnels » prévue par le code de l’enseignement technique en post scolarité puis de la loi sur l’apprentissage du 16 juillet 1971. En 1983, la décentralisation confère aux régions la compétence de mettre en œuvre la politique de l’apprentissage. La loi « Séguin » de 1987 sort l’apprentissage des niveaux V où il était cantonné.
Aujourd’hui, 175 MFR offrent des formations par apprentissage dans le cadre de convention avec les Conseils régionaux.

La formation professionnelle continue : 6 % de l’effectif

Le mouvement des Maisons familiales rurales a une longue expérience des formations « promotionnelles ». La loi de 16 juillet 1971 est considérée comme le socle du dispositif de la formation continue car elle a créé un droit à la formation pour les travailleurs et a fixé les principes de la participation financière à la formation professionnelle continue des entreprises employant plus de 10 salariés.

  • Convention avec les Conseils régionaux : Depuis les lois de décentralisation, les Conseils régionaux gèrent les programmes régionaux de formation professionnelle continue. Après appel d’offres, une convention annuelle est signée entre l’organisme de formation et le Conseil régional. Ce document précise le type de formation, sa mise en œuvre, sa durée, le nombre de stagiaires pris en charge par le Conseil régional et le montant de la subvention versée. De nombreuses associations « Maisons familiales» dont les Centres de formation et de promotion, sont dans ce dispositif.
  • Plan de formation des entreprises : Chaque entreprise peut organiser des stages de formation pour ses salariés dans le cadre de la contribution obligatoire au financement de la formation professionnelle continue. En fonction des compétences développées, les Maisons familiales rurales peuvent répondre aux besoins des entreprises du territoire où elles sont implantées.
  • Les contrats de professionnalisation : Dispositif permettant à des jeunes d’acquérir une qualification professionnelle par une formation en alternance dispensée dans le cadre d’un contrat de travail à durée déterminée. Des Maisons familiales rurales peuvent organiser ce type de formation, souvent en complément des formations mises en œuvre par apprentissage.

Profil d'une Maison familiale rurale

Une Maison familiale rurale est un établissement de formation qui a pour objectif de concourir à l’éducation, à la formation des jeunes et des adultes, à leur insertion sociale et professionnelle et de favoriser un développement durable du territoire où il est implanté. En règle générale, les MFR assurent les premiers niveaux de formation : 4ème et 3ème de l'enseignement agricoleCAP, seconde professionnelleBaccalauréat professionnel. Les Instituts ruraux et les Centres de formation et de promotion ont la même mission que les MFR mais à d'autres niveaux. Les Instituts assurent des formations du second degré ou supérieur : Bac Professionnel, Bac TechnologiqueBTS. Les Centres accueillent des adultes en formation continue.

Des entités à taille humaine

En moyenne, chaque association MFR regroupe 150 familles adhérentes. Chacune est gérée par un Conseil d’administration, véritable organe exécutif, élu en Assemblée générale par les membres de l’association. Ce Conseil désigne un Bureau, en moyenne de 7 membres, qui prépare les décisions.
L’association est donc représentée par un président ou une présidente (30 % de femmes assurent les fonctions de présidente en Maison familiale rurale). 46 % de ces présidents sont agriculteurs. Ces responsables se renouvellent régulièrement : 20 % des présidents ont changé en deux ans.
Le directeur d’une « Maison familiale rurale » est l’animateur de l’association en étroite collaboration avec le président. Sous la responsabilité du Conseil, il organise le fonctionnement de l’établissement (suivi des formations, vie éducative, gestion de l’équipe et gestion financière). Leur âge moyen est de 46 ans.
L'équipe d'une MFR est composée de 17 salariés en moyenne. 60 % d'entre eux sont des formateurs/moniteurs qui assurent l’accompagnement éducatif et la formation des jeunes ou des stagiaires. Ils sont présents toute la journée et le soir à tour de rôle auprès des élèves. 40 % sont du personnel administratif et de service (secrétaire, cuisinier, entretien, …) qui ont, également, un rôle éducatif important à jouer.
Les élèves sont, soit sous statut scolaire dépendant du ministère de l’Agriculture, soit apprentis (le plus souvent dans des formations de l’Education nationale), soit en contrat de professionnalisation, soit des stagiaires de la formation professionnelle continue.
Dans une Maison familiale rurale, on recense une moyenne de 150 élèves. Ces derniers ne sont pas toujours présents en même temps du fait de l’alternance. Certaines classes sont en stage pendant que les autres sont à l’école. L’établissement compte, environ, 75 places en internat où chacun est connu et reconnu. Les repas sont pris en commun avec les moniteurs.
Une Maison familiale est une petite structure composée de salles de classe, des équipements pédagogiques nécessaires, d’espaces résidentiels (internat, réfectoire, salle de jeux…) et de bureaux administratifs nécessaires à tout centre de formation.

Un engagement associatif familial et local

Chaque Maison familiale rurale est gérée par une association loi 1901, autonome, intégrée dans son environnement territorial, économique, social et humain. Les membres de l’association sont majoritairement des familles mais aussi des professionnels et responsables locaux qui souhaitent s’engager dans la formation des personnes et le développement de leur territoire. Cet engagement associatif familial et local est la pierre angulaire du mouvement. Alors qu'une MFR regroupe en moyenne 150 jeunes, c'est plus de 500 adultes2 qui, dans chaque association, s'investissent dans leur accompagnement, ce qui favorise leur insertion sociale, professionnelle et leur intégration citoyenne.
Depuis l'origine, Maison familiale, ancrage local, service au territoire, préparation de l’avenir d’un milieu sont autant de réalités intimement liées. Dans de nombreux cas, la MFR est un acteur de développement local. Citons à titre d'exemple la Maison familiale rurale de Saligny sous Roudon (Allier) qui, spécialisée dans les formations agricoles, est aussi depuis dix ans un moteur de l’insertion. Constatant un taux de chômage important sur le canton de Dompierre-sur-Besbre, à la demande des élus, la MFR a été le catalyseur qui a permis la création d’une association intermédiaire, une entreprise temporaire d’insertion, un jardin d’insertion et un pressing social qui s’est transformé aujourd’hui en SARL.

Les formations des MFR

Un partenaire du ministère de l'Agriculture

378 Maisons familiales rurales ont un contrat de participation au service public d’éducation avec le ministère de l’Agriculture. Elles accueillent, en 2008, plus de 51 000 élèves sous statut scolaire en métropole, dans les départements et pays d’Outre-mer.
Les 50 317 élèves des MFR relevant du ministère de l’Agriculture (sans les pays d’Outre-mer qui accueillent environ 700 élèves) sont, à la rentrée 2007/2008, inscrits dans les cycles suivants :

  • 17 008 élèves en 4e et 3e de l’enseignement agricole (33,80 %),
  • 23 140 élèves en CAPA et BEPA (45,98 %),
  • 8 925 élèves en Seconde, Bac professionnel et Bac technologique (17,74 %),
  • 1 244 élèves en BTSA (2,48 %).

Les MFR sont une composante importante de l’enseignement agricole dont l’originalité est de réunir quatre partenaires principaux. En effet, les 173 855 élèves (en 2006/2007) dépendant du ministère de l’Agriculture se répartissaient ainsi :

  • l’enseignement agricole public : 65 234 élèves soit 37,52 %,
  • l’enseignement agricole privé catholique (CNEAP) : 51 082 élèves soit 29,38 %,
  • les Maisons familiales rurales (UNMFREO) : 50 302 élèves soit 28,93 %,
  • l’UNREP et divers : 7 237 élèves soit 4,17 %.

86 % des élèves des MFR sont internes contre seulement 57,2 % dans l’enseignement agricole, toutes composantes confondues, 39 % sont boursiers. 10 % des élèves de Maisons familiales rurales sont issus de familles d’agriculteurs exploitants, 49 % de familles d’employés et d’ouvriers. Il y a en moyenne 20 élèves par classe dans les Maisons familiales rurales (22 au CNEAP - 23,5 dans le Public).

Un développement des formations par apprentissage

Les Maisons familiales rurales n’ont pas la possibilité de signer de contrat de participation au service public avec l’Education nationale pour des formations sous statut scolaire. En conséquence, elles ont développé des formations par apprentissage pour répondre aux besoins du milieu rural. Le mouvement des Maisons familiales rurales recense 175 associations qui reçoivent des apprentis.
Ces 175 associations forment, en 2007/2008, 11 530 apprentis et pré-apprentis répartis de la façon suivante :

  • 1 226 élèves dans des parcours préparatoires à l’apprentissage (10,63 %),
  • 6 155 apprentis en CAP, BEP ou autres niveaux V (53,38 %),
  • 3 037 apprentis Bac Professionnel et autres niveaux IV (26,34 %),
  • 1 112 apprentis en BTS ou autres niveaux III et II (9,64 %).

Sur ce total, 9 765 apprentis dépendent de l’Education nationale dans des formations très diverses : mécanique, bâtiment, électricité, bois, tourisme, alimentation, cuisine, hôtellerie, prévention, sanitaire et social, environnement, commerce… et 1 765 du ministère de l’Agriculture. Plus de 131 diplômes différents sont préparés dont 94 de l’Education Nationale, 32 de l’Agriculture et 5 titres inscrits au Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP).

Des actions de formation continue

Les Maisons familiales rurales ont développé un savoir-faire en matière de formation et de promotion professionnelle et sociale des adultes. 29 Centres de formation et de promotion (CFP) se sont spécialisés dans ce secteur. D’autres associations Maisons familiales mettent également en œuvre des actions de formation continue en fonction des opportunités locales. Plus de 9 000 stagiaires ont été recensés sur les bilans pédagogiques et financiers de 2006.
Les Maisons familiales rurales répondent aussi aux sollicitations des entreprises ou des organisations professionnelles pour mettre en œuvre des formations spécifiques comme en contrat de professionnalisation par exemple (environ 1 000 salariés formés sous ce statut en 2007/2008).

Les types de publics accueillis

Les Maisons familiales rurales reçoivent des adolescents ou des adultes après les différents paliers d’orientation existants (5e, 4e, 3e, seconde, terminale,…). Elles ne pratiquent pas ou peu de sélection scolaire à l’entrée en formation et s’appuient essentiellement sur la motivation et le projet personnel de chacun. L’école « classique », en particulier au niveau du collège, ne sait pas toujours valoriser les talents de nombreux jeunes et leur créativité. Ainsi, les Maisons familiales rurales sont ouvertes à tous ceux qui cherchent une autre voie et qui sont prêts à se motiver dans des activités professionnelles grâce à l’alternance. Malgré cette absence de sélection et des recrutements diversifiés, les Maisons familiales rurales enregistrent le plus souvent des taux de réussite aux examens équivalents ou supérieurs à la moyenne nationale.

La pédagogie mise en œuvre

Le choix de l'alternance

A l’inverse de la logique scolaire classique qui est d’apprendre pour restituer des savoirs, les fondateurs des Maisons familiales rurales ont expérimenté une méthode pédagogique basée sur une démarche en deux temps : sur le terrain, le temps « de l’action et de la motivation » et à l’école, le temps « de la mise en commun et de la réflexion ». Ils ont ainsi créé une formule pédagogique bien connue aujourd’hui : l’alternance.
Mais le système pédagogique des Maisons familiales rurales ne se résume pas uniquement à la technique de l’alternance entre des séjours en entreprise et des séjours à l’école. Pour exprimer une réelle efficacité, ce système doit être complété par d’autres aspects qui s’imbriquent les uns dans les autres avec des effets de synergie :

  • les familles sont actives dans l’éducation de leurs enfants,
  • les formateurs ont des fonctions polyvalentes de relations, d’enseignement, d’éducation, d’accompagnement,
  • l’établissement est à taille humaine,
  • l’apprentissage de la vie de groupe (notamment l’internat) est une pièce fondamentale du puzzle éducatif,
  • la formation technique sert la formation générale,
  • les jeunes sont acteurs de leur formation et cette dernière prend une dimension sociale s’il y a interpellation et questionnement des adultes qui l’entourent.

Les formateurs de Maisons familiales rurales

Le formateur de Maison familiale rurale, appelé moniteur, a une fonction globale. Il joue un rôle de tuteur et d’animateur auprès de chaque jeune ou de chaque stagiaire. Il organise les relations entre la Maison familiale, l’entreprise, la famille, l’élève. Il accompagne chacun dans son projet professionnel et personnel. Chaque association embauche les membres de son équipe. Les conditions de travail sont régies dans le cadre d’une convention collective nationale. Les nouveaux moniteurs et monitrices bénéficient d’une formation pédagogique en cours d’emploi, de deux années, qui aboutit à la délivrance d’un Certificat de moniteur de formations alternées. 80 % des moniteurs aujourd’hui en poste dans les Maisons Familiales Rurales sont titulaires de cette qualification pédagogique.
Les moniteurs doivent être obligatoirement titulaires des titres requis par la législation en vigueur pour enseigner.

Les Maisons familiales rurales ont créé un Centre national pédagogique, situé à Chaingy près d’Orléans. Il est géré par l’Association nationale pour la formation et la recherche pour l’alternance (ANFRA), association paritaire entre les employeurs et les organisations représentatives des salariés.
Le Centre assure la formation pédagogique initiale des moniteurs et leur formation continue. Il effectue des recherches sur l’alternance et produit des documents pédagogiques. Il est également un lieu de ressources documentaires (15 000 volumes en sciences de l’éducation).

L’ambition éducative des MFR

Les Maisons familiales rurales ont, dès leur origine, voulu permettre à chaque femme et à chaque homme de réussir non seulement leur développement intellectuel ou leurs activités professionnelles mais également leur vie personnelle, familiale, culturelle ou sociale. Pour ce faire, les Maisons familiales orientent leur travail pour essayer de considérer la personne dans son présent et son devenir, solliciter la responsabilité, donner des repères, faire confiance, éveiller la curiosité, développer l’autonomie.
D’autre part, l’internat fait partie intégrante du projet éducatif des Maisons familiales rurales car il est un espace privilégié de travail, de relations entre jeunes, d’ouverture socioculturelle, un lieu incontesté d’apprentissage de la vie en collectivité, de participation à la vie matérielle de l’établissement.

Résultats aux examens et insertion professionnelle

Résultats aux examens pour la session 2007

CAPA MFR  : 89,61 %
Moyenne nationale (*) : 84,56 %

BEPA MFR : 80,27 %
Moyenne nationale : 81,02 %

BAC Professionnel MFR : 81,29 %
Moyenne nationale : 80,74 %

BAC Technologique MFR : 78,45 %
Moyenne nationale : 80,40 %

BTSA MFR : 72,60 %
Moyenne nationale : 70,17 %

(*)Tous établissements confondus, publics, privés.

Insertion professionnelle des élèves

Une enquête réalisée sur les BTSA par le ministère de l'Agriculture donne un taux d’emploi de 96 % pour les élèves des MFR (90,5 % pour le public, 89,8 % pour le CNEAP).

Coût pour les familles et l’Etat

Coût de la scolarité et de l’internat pour les familles

Du fait du choix éducatif et pédagogique des MFR, ce coût regroupe la scolarité et l’internat. Il est compris en moyenne, pour un élève interne, dans une fourchette qui varie de 1 600 à 2 500 euros, par an, suivant le niveau et le type de formation. Ce montant couvre les frais d’hébergement, de restauration, les frais pédagogiques et les assurances en stages. Les familles peuvent bénéficier de bourses pour les élèves sous statut scolaire. Les apprentis sont remboursés en partie des frais d’hébergement et de restauration par les Conseils régionaux.

Coût moyen d’un élève de l’enseignement agricole pour l’Etat (hors bourses aux familles)

Source : Budget de l’enseignement agricole pour 2008

  • Enseignement Public : 9 578 euros
  • Enseignement Privé, Article 4 de la loi 1984 (CNEAP) : 5 678 euros
  • Enseignement Privé, Article 5 de la loi 1984 (UNMFREO) : 3 981 euros

Le mouvement en France

Un réseau de 502 associations

Le mouvement est organisé en réseau et regroupe 502 associations sur l’ensemble du territoire (France + DOM) réparties de la façon suivante :

  • 359 Maisons familiales rurales (MFR) qui accueillent les jeunes de 13/14 ans en classes de 4ème et 3ème et assurent une première qualification (CAP(A), BEP(A), Bac),
  • 42 Instituts ruraux (IREO) qui préparent des qualifications de niveau IV et III : BT(A) ou Bac Pro ou Techno, BTS(A),
  • 29 Centres de formation et de promotion (CFP) qui offrent des qualifications après une expérience professionnelle en formation continue,
  • 53 Fédérations départementales, 15 Fédérations régionales, 2 Comités territoriaux (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française), un Centre national pédagogique et une Union nationale.

Chacune des associations locales « Maison familiale rurale », « Institut rural », « Centre de formation » adhère à une Fédération départementale, à une Fédération régionale et directement à l’Union nationale des Maisons familiales rurales d'éducation et d'orientation (UNMFREO). Le mouvement compte plus de 65.000 adhérents.

Les missions de l'Union nationale

L’Union nationale des MFR a pour principales missions :

  • la définition des principes communs et des valeurs partagées,
  • les orientations stratégiques et l’animation du réseau,
  • la représentation institutionnelle,
  • le rayonnement du mouvement au plan national et la coopération avec les autres pays.

Le Conseil d’administration de l’Union, présidé par François SUBRIN, est constitué de 20 administrateurs parents, représentants des familles, élus au niveau des régions et de 10 administrateurs salariés ainsi que des membres associés représentant les organisations professionnelles. L’UNMFREO est membre de l’Union nationale des associations familiales (UNAF). Une équipe de permanents d’une trentaine de personnes, basée à Paris, animée par Jean-Claude Daigney, Directeur, met en œuvre les orientations du Conseil. Les services sont organisés autour de différents pôles : administratif et financier, vie associative et équipe, relations internationales, communication, formation, juridique (ainsi que d’une imprimerie).
Les ressources de l’UNMFREO sont assurées pour plus de la moitié par les cotisations des associations, pour un quart par des ventes de documents pédagogiques, d’abonnements et de prestations diverses et pour moins de 8% par des subventions.

Le mouvement à l’étranger

Un rayonnement international

Les Maisons familiales rurales ont très vite noué des relations avec des associations familiales ou des organismes étrangers intéressés par la formation et l’éducation des jeunes ruraux et le développement de leur milieu de vie. Dès 1958, l’UNMFREO a créé un service de relations Internationales qui a contribué fortement à la mise en place, dans de nombreux pays, de Maisons familiales. Ce développement mondial conduisit à la création en 1975 à Dakar (Sénégal) d’une Association Internationale, lieu de rencontres et d’échanges des mouvements MFR des différents pays.
Aujourd’hui, le nombre des MFR à l’étranger s’élève à environ 600 réparties comme suit :

  • 68 en Europe (Espagne, Italie, Portugal, Arménie) + 430 en France,
  • 143 en Afrique (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Sénégal, République Démocratique du Congo, Maroc, Tchad, République du Congo, Rwanda, Togo, République Centrafricaine),
  • 8 en Asie (Philippines, Vietnam),
  • 292 en Amérique Latine (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Pérou, El Salvador, Guatemala, Nicaragua, Uruguay, Chili, Honduras, Panama, Venezuela),
  • 3 en Amérique du Nord (Canada),
  • 1 aux Caraïbes (République Dominicaine),
  • 7 dans l’Océan Indien et Pacifique (Madagascar, Maurice, Vanuatu).

Une coopération très active

L’Union nationale française entretient des relations de coopération avec de nombreux pays notamment d’Afrique et d’Amérique Latine. Cette coopération s’inscrit souvent dans des conventions et avec le concours financier des pouvoirs publics français. Elle concerne des réunions d’information, des missions d’assistance technique, l’envoi de moniteurs, l’organisation de séminaires, la formation de formateurs, la recherche de concours financiers, l’aide à la création de nouvelles Maisons familiales rurales.
Ce mouvement de coopération s’est largement décentralisé aux niveaux régional et local. C’est ainsi que des partenariats directs se sont noués entre la région MFR Basse-Normandie et Madagascar, entre la région Nord-Picardie et le Vietnam ou entre les MFR de Vendée et le Bénin. L’ensemble des actions est coordonné par l’UNMFREO qui est en relation avec de nombreuses organisations de coopération internationale notamment :

  • les ministères français de l’Agriculture et des Affaires Etrangères, l’Agence française de Développement (AFD),
  • l’Union Européenne, la Banque Mondiale et les organismes dépendant de l’ONU,
  • les organisations non gouvernementales (ONG) en particulier l’AFDI (Agriculteurs Français Développement International) et Coordination Sud.

Une Fondation, reconnue d’utilité publique depuis 1996, « la Fondation des MFR dans le monde », apporte une aide financière aux projets de développement des MFR à travers le monde.

Bibliographie

- Ils se sont engagés dans les Maisons familiales rurales, collectif, L’Harmattan, 2007

- Réussir autrement sa formation dans les Maisons Familiales Rurales, Barbara Batard, L’Etudiant, 2007

- Une formation citoyenne, Anne de Commines, Descartes et cie, 2002

- Les Maisons familiales rurales. L’ordre symbolique d’une institution scolaire, Franck Sanselme, Presses Universitaires de Rennes, 2000

- Education, milieu et alternance, André Duffaure, L’Harmattan, 2006

- Réussir autrement, un mouvement dans l’histoire, Gilbert Métivier, Siloë, 1999

- Ici, j’ai tout : la maison, le travail et l’école, collectif, L’Harmattan, 1995

- L’étonnante histoire des MFR, François Nové-Josserand, France empire, 1987

- A l’aube des formations par alternance, Daniel Chartier, Mésonance, 1986

- Naissance d’une pédagogie de l’alternance, Daniel Chartier, Mésonance, 1978

- Le Lien, magazine trimestriel des MFR

Pour tout contact :

Patrick GUES, Responsable Communication
patrick.gues@mfr.asso.fr
Tél. direct : 01.44.91.86.78
Union nationale des MFR  
58, rue Notre-Dame de Lorette 
75009 PARIS
Tél. : 01.44.91.86.86   Fax : 01.44.91.95.45