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Les métiers de l'aménagement paysager et des jardins espaces verts

Découvrez les métiers de ce secteur professionnel ainsi que les formations proposées en MFR, à travers ce dossier réalisé pour le Lien, magazine institutionnel du mouvement des Maisons familiales rurales, édité chaque trimestre à 60 000 exemplaires.

Présentation de la formation "paysage" à la MFR de Cerisy-Belle-Etoile

 

 

Métiers du paysage : les jardiniers du paysage

On ne conçoit plus un seul bâtiment sans penser son intégration dans son environnement en y incluant des espaces verts, des murs végétalisés, des toits terrasses… Pour répondre aux attentes de la société, les villes se mettent au vert, créent des espaces où les habitants cultivent des jardins partagés, aménagent des parcs paysagers, protègent la biodiversité, autant de signes de qualité pour un cadre de vie recherché. Les jardiniers et les paysagistes en sont les artisans. Le secteur est attractif pour les jeunes et bénéficie d’une bonne image.

Un métier de passionnés

Avant de s’engager dans les métiers du paysage, mieux vaut tester sa motivation. Le travail est physique et conduit à travailler dehors quels que soient le temps et la saison. C’est avant tout un travail de terrain : dans ce métier, on ne fait pas que dessiner des jardins, loin s’en faut (seules 10 % des personnes dans le secteur travaillent à la conception de paysages). Mais les métiers du paysage ont l’intérêt d’être très variés. Ils demandent de la polyvalence en même temps qu’une grande technicité. Ils réclament une bonne connaissance du monde végétal et des sols mais également des savoir-faire en maçonnerie, en hydraulique, en plomberie, en électricité. Dans ce secteur, il y a également beaucoup d’engins dont il faut apprendre le maniement en toute sécurité (le CACES*est en général passé pendant le parcours du bac professionnel). Il faut également pouvoir lire un dessin technique, et l’exécuter le plus souvent. Ceux qui les réalisent savent intégrer les normes juridiques qui évoluent sans cesse, les nouvelles techniques… Selon que l’on travaille dans une grande entreprise ou une petite, le poste réclame plus ou moins de polyvalence. Il existe une filière complète de formation de la 4e/ 3e où il est possible d’effectuer des stages de découverte, du CAPA, en passant par le bac professionnel jusqu’au BTSA. La filière sera entièrement rénovée en 2015 avec le nouveau CAPA.

De plus en plus de professionnalisation

Les métiers recouvrent des postes très variés et des responsabilités qui augmentent avec le diplôme. Le secteur se professionnalise de plus en plus, en même temps qu’on constate l’élévation des niveaux. L’Unep** dans son bilan 2013 souligne que 80% des chefs d’entreprise sont aujourd’hui plutôt jeunes (44 ans) et sont titulaires d’un diplôme dans la filière. Le métier est multi-spécialisé et évolue vers le génie végétal. L’alternance permet à coup sûr d’acquérir une expérience qui favorise une bonne insertion professionnelle. En CAPA, les jeunes se préparent à être ouvriers paysagistes ou jardiniers d’espaces verts. Ils seront intégrés au sein d’une équipe et seront avant tout des exécutants avec un éventail de savoir-faire important (préparation des sols, gazon, tonte, taille, plantations, pose de dalles, installation d’un éclairage extérieur, d’un système d’arrosage, connaissances en élagage). Selon que l’on travaille dans les services Espaces Verts d’une collectivité ou dans une entreprise privée, l’organisation du travail et les travaux ne sont pas toujours les mêmes. Dans une entreprise privée, il est fréquent de travailler pour des particuliers, mais également pour des entreprises publiques (appel d’offres) ou privées ou en sous-traitance. Le Bac professionnel, le Technicien Jardin Espaces verts (titre UNMFREO) et le BTSA permettent d’évoluer vers plus de responsabilités. Avec de l’expérience, les jeunes peuvent devenir chefs d’équipe ou chefs de chantier. Certains envisagent de s’installer. D’après l’Unep, les entrepreneurs qui s’installent seuls dans un premier temps semble évoluer vers des structures plus importantes (1 à 5 salariés) au bout de quelques années. Dans ce secteur il est possible de spécialiser grâce à des certificats de spécialisation (Constructions paysagères, Taille et soins des arbres pour l’élagage) ou des Certificats de qualification professionnelle.

*CACES : Le certificat d’aptitude à la conduite en sécurité   **Unep : Entreprises du paysage

Deux voies en bac pro

Après un CAP, les jeunes peuvent poursuivre leurs études en bac professionnel (en première), accessible également directement après la 3e, en classe de Seconde. Il en existe deux. Le bac pro CGEA « Conduite et Gestion de l’exploitation agricole » est tourné vers l’élevage avec deux supports dont l’« équin ». L’éleveur se consacre à la production des chevaux. Les éleveurs de chevaux en France exercent souvent une autre activité en parallèle : soit autour du cheval (entraînement, pension, enseignement, commerce…), soit une activité agricole complémentaire. Une fois élevé, le cheval doit être dressé et entraîné. Le bac pro « Conduite et Gestion de l’entreprise hippique » est plus expressément lié à la valorisation du cheval (élevage, débourrage, dressage…). Il insiste sur la gestion spécifique à l’entreprise hippique. Ce bac professionnel forme des responsables d’entreprise dans les secteurs des courses (organisation de l’entraînement des chevaux et du travail dans les écuries) ou des activités de loisirs (centre équestre) et de compétition.

Il est possible de compléter la formation par le BPJEPS, diplôme de la Jeunesse et des Sports (accessible aussi après un CAP), qui permet d’envisager une carrière dans l’enseignement. Il autorise à encadrer des activités équestres de loisirs et de compétition et permet de développer du tourisme équestre. Après un niveau IV, le BTS (Analyse et conduite de l’exploitation, Productions animales, Commerce…) est une poursuite d’étude complémentaire adaptée.

Les chiffres clés

  • 92 000 actifs (chef d’entreprises et salariés).
  • 80 000 agents dans les services des villes.
  • 28 400 entreprises (+135 % en 10 ans) : 95 % des entreprises ont moins de 10 salariés et 63 % n’emploient aucun salarié.
  • 52 % des entreprises ont moins de 6 ans d’ancienneté.
  • Les entreprises de plus de 10 salariés réalisent 60 % du chiffre d'affaires.
  • 3 régions (Provence- Alpes-Côte d’Azur, Ile-de-France et Rhône-Alpes) génèrent 40 % du chiffre global (5,25 milliards d’euros).

Chiffres clés 2013 des entreprises du paysage 

Un art de vivre

  • 9 Français sur 10 considèrent que le vert est un élément essentiel de la vie quotidienne.
  • 69 % des Français disposent d’un jardin.
  • Dans leur logement, les Français plébiscitent le jardin, lieu de repos, de convivialité et de loisirs, après le séjour.
  • Les particuliers sont la principale clientèle des professionnels du paysage : 42 % du chiffre d’affaires.

Enquête Unep/Ipsos 2013 

Ce jardin créé en 2011 sur le site de la MFR du Grand Mas, près d’Uzès (Gard) par Frédéric Faure, entrepreneur paysagiste, lui a permis de recevoir le titre très convoité de Meilleur ouvrier de France.

Il concourait dans la catégorie « Art des jardins paysagers ». Cet ancien élève de la MFR d’Uzès a réussi un chef-d’oeuvre qui met en valeur toutes les facettes du patrimoine du Gard. 

 

 

 

Profession /// Décrire les savoir-faire ❝ Les règles de l’art ” 

Jeune secteur professionnel avec ses 50 ans d’existence, les entreprises du paysage ont voulu répondre à la demande des professionnels et ont mis en place une dizaine de groupes de travail réunissant des experts dans les différents domaines (entreprises, enseignants, bureaux d’étude…) pour écrire les règles professionnelles qui ont pour vocation, à terme, de devenir « des normes du paysage ». Ces règles décrivent les différentes techniques traditionnelles. « C’est un état des lieux des bonnes pratiques du secteur ». Elles intègrent également les nouveaux savoir-faire. 5 axes ont été déterminés : les plantes, les constructions paysagères, la végétalisation de bâtiment, les zones naturelles, les sols sportifs. À chaque fois, les règles concernent la création et l’entretien. De nombreuses règles professionnelles ont déjà été publiées, d’autres sont en cours. www.entreprisesdupaysage.org/base-documentaire/regles-professionnelles/

Témoignage /// Josselin Pouly, 17 ans, élève en Terminale Bac pro « Aménagements paysagers » ❝ Meilleur apprenti de France”

Savoir assembler les couleurs dans un massif de fleurs, disposer les arbres selon les hauteurs, autant de savoir-faire que Josselin Pouly, élève à la MFR « La Vernée » à Péronnas dans l’Ain, apprend en stage « en regardant faire son maître de stage ». Observer, apprendre des autres et s’entraîner… C’est ce qui lui a valu une médaille d’or au concours du meilleur apprenti de France qui s’est déroulé en région parisienne. Non seulement il a bien répondu à la partie théorique : la reconnaissance de végétaux qui lui a demandé beaucoup de travail pour apprendre par coeur les végétaux qui poussent dans toute la France et des questions techniques, mais il a également réalisé un sansfaute pour son exercice pratique : un aménagement constitué d’un dallage, d’un pas japonais et d’un fil en pavés destiné à délimiter un massif d’arbres et de fleurs du gazon. « J’ai révisé pendant 15 jours à la MFR avec mes moniteurs et avec mon maître de stage avec qui j’ai étudié le plan. » Sélectionné en région avec quatre autres camarades de la MFR de Péronnas, il est le seul à avoir décroché une note supérieure à 17/20 qui lui donnera le droit d’aller chercher sa médaille au Sénat en février prochain. Josselin n’a pas réalisé sur le coup ce qu’il avait réussi mais il savoure maintenant cette distinction qui lui a « valu beaucoup d’émotion ». « Mon prix a fait plaisir à ma famille mais aussi à mon maître de stage et à la MFR. Je le partage avec beaucoup de personnes ». C’est également une réussite personnelle qu’il pourra valoriser dans son CV. Josselin a 17 ans et demi. Il passe son bac professionnel cette année et parle de son avenir avec beaucoup de maturité. Le BTSA « Aménagements paysagers » est à sa portée. Il prévoit de le compléter par une formation en élagage, une activité qu’il lui plaît tout particulièrement. Avant de monter son entreprise, il prévoit de travailler quelques années pour continuer à se former sur les chantiers. « Ce qui me plaît dans ce métier », explique-t-il, c’est la diversité des activités. J’aime tailler, J’aime travailler dehors par tous les temps, j’aime conduire les engins, d’ailleurs nous allons passer le CACES* avec la MFR. J’aimerais savoir réaliser des plans comme mon maître de stage. C’est très intéressant de participer à des créations de jardins ou d’espaces, de savoir agencer les couleurs, de connaître les essences. C’est un métier où il n’y a pas de place pour la routine », conclut-il. Deux autres jeunes de Terminale bac pro de la MFR de Chargey-les-Gray (Paul PETIET) et de la MFR d’Uzes (Robin ALAZARD) ont reçu également la médaille d’or des paysagistes à ce concours du meilleur apprenti de France. 

Lien des Familles n°348 - Dossier formation - Télécharger le PDF

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METIERS DU PAYSAGE /// Les MFR préparent les qualifications suivantes :

Cycles 4e/3e - DIMA : découverte des métiers
CAPa Jardinier paysagiste
Seconde pro Nature- Jardin-Paysage-Forêt/Travaux des aménagements paysagers
Seconde pro Nature- Jardin-Paysage-Forêt/Travaux de gestion des espaces naturels ruraux
Bac pro Aménagements paysagers
BTSA Aménagements paysagers
Titre pro Ouvrier du paysage (niveau V)
BPA Travaux d’aménagements paysagers / Travaux de création et d’entretien
Certificat de spécialisation agricole Constructions paysagères
Certificat de spécialisation agricole Taille et soins des arbres
Certificat de spécialisation agricole Jardinier de golf et entretien des sols sportifs engazonnés
Technicien Jardins espaces verts (Titre UNMFREO niveau IV)

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