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Les métiers de la forêt

Découvrez les métiers de ce secteur professionnel ainsi que les formations proposées en MFR, à travers ce dossier réalisé pour le Lien, magazine institutionnel du mouvement des Maisons familiales rurales, édité chaque trimestre à 60 000 exemplaires.

Présentation de la formation BPA Travaux forestiers à la MFR de Pointel

 

 

Les métiers de la forêt : des métiers très variés

En France, la surface boisée augmente régulièrement depuis 1830. En 2010, elle atteint 16 millions d’hectares. La forêt française est l’une des plus variées d’Europe. Elle a de multiples fonctions : économiques (plantation et production du bois), écologiques (stocke le carbone, protège de l’érosion et des avalanches, filtre l’eau, préserve la biodiversité) et sociaux (structure le paysage et offre des lieux de promenade et de loisirs). La forêt ne pousse pas toute seule. L’intervention de l’homme est nécessaire pour gérer et exploiter ces espaces et les maintenir en bonne santé et même les développer. On recense 8 000 entreprises de travaux forestiers et 15 000 salariés (travaux de sylviculture et exploitation). C’est sans compter tout le secteur économique de l’industrie du bois, de la construction, du commerce et de la filière bois-énergie.  

Une large palette de métiers

Les métiers de la forêt sont une affaire de passionnés. Que ce soit pour la sylviculture (reboisement, plantation, régénération de la forêt) ou l’exploitation forestière (abattage, débardage…), les jeunes qui choisissent ces métiers aiment travailler avec la nature et possèdent une bonne condition physique. Le secteur de la forêt propose de nombreux emplois qui évoluent vers une forte mécanisation pour ce qui concerne les métiers de l’exploitation (avec une augmentation de la productivité). La part des bûcherons a tendance à diminuer au profit des conducteurs d’abatteuses. Ces transformations requièrent du personnel formé dans la conduite d’engins. Si ces métiers attirent plutôt des garçons, les filles qui s’y engagent réussissent très bien, notamment dans les nombreux métiers de techniciens et de conseillers (niveau BTS) ou dans le commerce du bois.  

Niveau IV pour s'installer

Il existe des diplômes pour tous les niveaux de formation. Après la 3e, les jeunes qui sont motivés pour rentrer rapidement sur le marché du travail s’orientent en CAPa « Travaux forestiers ». L’objectif à ce niveau est de former des ouvriers qualifiés. Ils sont embauchés par des sylviculteurs (plantation, débroussaillage, entretien, élagage) ou des entrepreneurs de travaux forestiers (abattage, coupe du tronc en morceaux). S’ils travaillent comme bûcherons, les ouvriers doivent savoir entretenir le petit matériel (tronçonneuse). Même si l’autonomie est indispensable, le travail nécessite souvent d’être capables de travailler en petite équipe. Le respect des consignes de sécurité est une condition essentielle pour travailler en forêt. « Les métiers sont de plus en plus techniques et qualifiés », explique Jean-Pierre Compain, moniteur à la MFR de Javols en Lozère, spécialisée dans les métiers de la forêt. Pour ceux qui souhaitent s’installer comme entrepreneurs de travaux forestiers, des compétences en gestion sont requises et le niveau IV est aujourd’hui exigé. C’est pourquoi, les jeunes de CAPa qui en ont les capacités poursuivent leurs études pour intégrer le bac professionnel « Forêt » (accessible aussi directement après le 3e) en Première voire en Seconde si la marche est trop élevée. Le bac professionnel permet de s’installer, d’être chef d’équipe et d’encadrer le travail des ouvriers. Pour ceux qui souhaitent poursuivre après le bac dans la filière, des formations complémentaires sont possibles notamment en conduite d’engins ou en élagage (BPA, Brevet Professionnel, Certificat de spécialisation…). Il existe également deux BTS (« Gestion forestière » et « Technico-commercial » spécialité : Produits de la filière forêt-bois) pour devenir technicien qui permettent d’envisager une Licence et même une école d’ingénieur. La MFR de Javols, propose un Titre « Responsable de développement commercial » option filière Bois, en apprentissage, en partenariat avec la CCI de Lozère.   

La gestion durable des forêts

La gestion forestière durable doit respecter les 6 critères : 1Conservation et amélioration appropriée des ressources forestières et de leur contribution aux cycles mondiaux du carbone. 2 Maintien de la santé et de la vitalité des écosystèmes forestiers. 3 Maintien et encouragement des fonctions de production des forêts (bois et hors bois). 4 Maintien, conservation et amélioration appropriée de la diversité biologique dans les écosystèmes forestiers. 5 Maintien et amélioration appropriée des fonctions de protection de la gestion des forêts (notamment sols et eau). 6 Maintien d’autres bénéfices et conditions socioéconomiques. (Helsinki - 1993)  

Les chiffres clés

  • Surface boisée en France : 16 millions d’hectares (28 % du territoire).
  • La forêt publique représente un quart de la forêt française.
  • La forêt privée est très morcelée.
  • Répartition des essences exploitées : Feuillus : 63 % (dont chênes : 41 %) et Résineux : 37 % Emplois : 8 000 entreprises de travaux forestiers et 15 000 salariés.
  • Production : (en millions de mètres cubes)  > Bois d’oeuvre : 24 Bois ronds : 11 Bois chauffage : 20

Chiffres clés / Agreste 2012 / ministère de l’Agriculture 

Témoignage /// Rémi Fosse, 17 ans, à la MFR de Loches (37) ❝ BTS et ingénieur, pourquoi pas ? ”

Je veux être technicien forestier. Je passe mon bac professionnel « Forêt » en juin et je poursuis l’an prochain en BTSA « Gestion forestière ». C’est ce qui m’intéresse : gérer une plantation, orienter les peuplements, décider des coupes. C’est vraiment ma passion. En bac professionnel en alternance, on a beaucoup de pratique en sylviculture et en exploitation. C’est une expérience capitale. Je n’imaginais pas un seul instant encadrer des personnes sans connaître le travail de terrain. L’an prochain, je vais devoir me mettre à niveau dans les matières scientifiques et en informatique. En pratique, je serai plus à l’aise. Je souhaite ensuite poursuivre dans une école à Nancy qui forme les Ingénieurs forestiers. Travailler à l’échelle de tout un massif, ce serait vraiment un rêve !  

Témoignage /// quentin chambrier, 17 ans, en terminale à la MFR de Loches (37) ❝ devenir débardeur ” 

Mon père est déjà dans le métier. Il m’a aidé à choisir. J’ai fait des stages dans des secteurs différents et rencontré beaucoup de professionnels. Ce qui m’intéresse, c’est le débardage. Le débardeur est la personne qui intervient après le travail du bûcheron. Il conduit un engin qui ressemble à un gros tracteur renforcé qui a une grosse pince derrière. Avec ce « débusqueur », on stocke le bois sur les places de dépôt. Le bois est ensuite pris en charge par des transporteurs. C’est le travail que fait mon père. Il est grumier. Nous faisons un travail complémentaire. Nous nous croisons parfois sur les chantiers. C’est vraiment sympa, quand cela arrive, de travailler en famille ! Après le bac, je souhaite passer un Certificat de spécialisation dans la conduite d’engin et l’entretien du matériel. C’est une formation par apprentissage. J’ai déjà trouvé mon patron qui travaille dans la forêt de Chambord. Pour transporter le débusqueur, il faut pouvoir conduire un porte-char. Il faudra donc que je passe le permis poids lourds. Je pense travailler un temps comme salarié avant de m’installer.  

Témoignage /// Pascal arsicaud, 40 ans, entrepreneur de travaux forestiers (Charente-maritime) ❝ un métier passionnant ”

Ma famille est dans les métiers du bois : que ce soit le négoce, la scierie, la sylviculture ou le débardage. En 1994, j’ai fait un CCTAR « Forêt » à la MFR de Chevanceaux (17) qui m’a permis de travailler à mon compte comme Entrepreneur de travaux forestiers. Depuis trois ans, j’assure aussi des prestations d’abattage sur une machine que je loue et que je conduis : elle abat l’arbre, le façonne et le dépose pour le débardeur. La machine est programmée et pilotée par ordinateur. À côté de cette activité, je continue à travailler pour des particuliers : je fais des travaux de taille, de petit élagage avec la tronçonneuse, j’entretiens des propriétés. Je fais également du bois de chauffage. J’aimerais faire des plantations, mais je n’en ai pas le temps. Je travaille toute l’année. Forestier avant tout À 40 ans, je ne veux pas monter en grande hauteur et le travail avec une machine est moins fatigant et permet de travailler plus en sécurité grâce à la cabine qui me protège. C’est un nouveau métier qu’il faudrait appeler « bûcheron avec une machine ». Pour ma part, je préfère le terme de « forestier ». En tout cas, savoir conduire la machine ne suffit pas. Il faut aussi être bûcheron. Ses compétences sont indispensables pour travailler en forêt. Il faut avoir l’oeil pour sélectionner un arbre. Quand il faut éclaircir, il faut savoir éliminer les tordus et reconnaître les arbres d’avenir. Il faut connaître les techniques d’abattage, savoir organiser un chantier, ne pas commencer n’importe où. Enfin la machine que je loue fonctionne pour une certaine taille de troncs. J’abats toujours les gros arbres à la main, de même les chênes ou les peupliers. Je n’emmène pas de stagiaires dans la machine, il n’y a pas assez de place pour deux dans la cabine. Par contre, je reçois toujours les élèves de la MFR de Chevanceaux pour l’entretien de la machine. Aux jeunes, je leur dis que forestier est un beau métier qui se pratique en pleine nature, en harmonie avec elle et qui permet de vivre confortablement. S’installer comme bûcheron est le moyen le moins onéreux pour commencer mais il faut être courageux car on est payé à la tâche. À l’avenir, je pense que le savoir-faire du bûcheron sera recherché, il n’y en aura plus beaucoup. Je conseille aux jeunes de faire des spécialisations, de se diversifier. Il existe beaucoup de métiers différents. Il n’y a pas de monotonie en forêt !  

Lien des Familles n°350 - Dossier formation - Télécharger le PDF

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METIERS DE LA FORÊT /// Les MFR préparent les qualifications suivantes :

Cycles 4e/3e - DIMA : découverte des métiers par alternance
CAPa Travaux forestiers
CAP Conducteur-opérateur de scierie
Seconde Pro Nature-Jardin-Paysage-Forêt/Travaux forestiers
Bac Pro Forêt
BTSA Gestion forestière
BPA Travaux forestiers/ Conduite des machines forestières/Travaux de bûcheronnage/Travaux de sylviculture
Brevet Professionnel Travaux forestiers
Brevet Professionnel Responsable des chantiers forestiers
Certificat de Spécialisation Taille et soins des arbres
Responsable de développement Commercial-filière bois (Titre)

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