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Métiers des services aux personnes, santé, social

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Découvrez les métiers de ce secteur professionnel ainsi que les formations proposées en MFR, à travers trois dossiers réalisés pour le Lien, magazine institutionnel du mouvement des Maisons familiales rurales, édité chaque trimestre à 60 000 exemplaires.

     

Le témoignage de Justine, en CAPa SAPVER (Services aux personnes et vente en espace rural) et de Lucie, en Bac pro SAPAT (Services aux personnes et aux territoires) - Réalisation MFR Auvergne-Rhône Alpes

 

 

Services aux personnes : des métiers d'aide et d'accompagnement

L’allongement de l’espérance de vie et la volonté des personnes de rester chez elles font du vieillissement un véritable enjeu de société. Le développement des services à la personne permet de faire face au vieillissement de la population (32 % de la population aura plus de 60 ans en 2050). La demande de services, de soins liés à l’autonomie va mécaniquement augmenter.

Vers de nouveaux métiers d'accompagnement

La loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement votée en décembre 2015 doit permettre de porter un nouveau regard sur ce sujet. Elle envisage la nécessité d’anticiper le vieillissement sur le plan social, démographique et économique. Elle prévoit notamment de prévenir le vieillissement en luttant contre l’isolement, de favoriser le maintien à domicile des personnes vieillissantes dans de bonnes conditions avec un accompagnement adapté, de renforcer les interventions et le travail en réseau pour faire travailler ensemble les services de soins infirmiers à domicile et les services d’aide et d’accompagnement, de respecter le choix des personnes si elles souhaitent vivre chez elles. Cette loi met l’accent sur les nouveaux métiers de l’accompagnement, difficiles mais très riches sur le plan humain, qui devraient connaître une croissance forte. Pour répondre aux besoins sur les territoires, l’objectif est de deux ordres : d’une part faire évoluer les compétences et les pratiques des professionnels déjà en place en luttant contre la pénibilité et la précarité du travail et en améliorant les parcours professionnels et d’autre part, créer de nouveaux emplois et de nouveaux métiers plus transversaux avec des formations à la clé plus lisibles.

Ces métiers, souvent mal connus, doivent être rendus plus attractifs (valorisation de leur image, conditions de travail, évolution de carrières, refonte des qualifications) pour compenser les départs à la retraite et répondre à la demande. C’était déjà l’objectif du Plan pour les « métiers de l’autonomie » lancé en 2014. Ce secteur de « l’autonomie » comprend autant les services à la personne âgée ou handicapée, l’accompagnement et le soin à domicile ou en établissement que le champ de la « Silver économie » (ou économie des seniors) avec l’adaptation des logements, le domicile connecté, les dispositifs d’assistance… mais également les loisirs, le tourisme…

4,3 millions de personnes aident régulièrement un de leurs aînés. Parmi elles, 2,8 millions apportent une aide à la vie quotidienne à une personne âgée vivant à domicile. 62 % des aidants familiaux sont des femmes. La loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement reconnaît la place et le rôle des proches « aidants » des personnes âgées en perte d’autonomie afin de leur apporter un soutien notamment à travers le « droit au répit » pour permettre aux proches aidants de se reposer ou de dégager du temps

De nouvelles formations

Plus de 16 200 jeunes et apprentis sont engagés dans la filière des services aux personnes dans les MFR du CAP (exemple CAPa SAPVER) au BTS et jusqu’au diplôme de Conseillère en économie sociale et familiale en passant par le Bac professionnel (exemple Bac pro SAPAT).

Ces jeunes souhaitent travailler auprès d’enfants, d’adultes, de personnes malades, handicapées ou âgées, qu’elles résident à leur domicile ou qu’elles soient accueillies en structure. Les MFR sont particulièrement attachées à la notion de parcours. Aujourd’hui les passerelles nombreuses sont possibles en raison de la conception des diplômes, découpés en modules et en compétences. Les MFR sont reconnues également pour répondre aux besoins d’adultes, en reconversion ou professionnels en poste, grâce à la formation continue (1 million d’heures comptabilisées en 2014 auprès de 6 468 stagiaires). Elles proposent là aussi de nombreuses certifications, du niveau V (titres d’Assistant de vie aux familles, d’Assistant de vie dépendance, CAP Petite enfance…) au niveau II (CAFERUIS, titre de Directeur d’établissement de l’économie sociale) ou niveau I (titre de Directeur d’établissement de l’intervention sociale). À l’écoute des besoins des entreprises, elles ont aussi été précurseurs en créant une certification originale « Animateur en gérontologie » (lire encadré).

Les MFR se sont bien sûr investies dans la mise en place, à la rentrée 2016, du nouveau diplôme d’État DEAES, Diplôme d’État Accompagnant éducatif et social, (lire ci-dessous). Il a lancé le coup d’envoi d’une refonte de tous les diplômes du travail social (Technicien en économie sociale familiale, Moniteur éducateur, Conseiller en économie sociale et familiale et Assistant social) pour les niveaux IV et III. À terme, tous devraient être revus selon la même architecture logiquement, avec la mise en place d’un socle commun de formation et de spécialités.

La silver économie

L’économie du vieillissement est une filière qui prend en compte l’augmentation du nombre de personnes âgées. L’espérance de vie en bonne santé augmente, entraînant la consommation de tout type de biens et de services. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour développer une économie « présentielle ». De nombreux secteurs sont concernés : santé, aménagement de logement, équipement, développement de la domotique, alimentation, loisirs, services, sécurité transports, tourisme. Les nouvelles technologies y ont une place importante. L’allongement de la durée de vie pose également le problème de la dépendance qu’il faut prendre en compte. Le défi est immense d’inventer des biens et des services adaptés aux personnes vieillissantes. D’après une étude sur « Le marché des Seniors », la Silver économie représente près de 300 000 créations d’emplois d’ici 2020.   

ZOOM /// Animateur en Gérontologie

L’animateur en gérontologie est un métier en voie de reconnaissance. Il répond à des besoins qui ne sont pas nouveaux mais qui deviennent plus importants du fait du vieillissement de la population. Ce professionnel met en oeuvre un projet global d’animation spécifique à l’intention de la personne âgée dépendante ou handicapée vieillissante, en structures de soin ou d’accueil ou à domicile. Il repère ses besoins et ses attentes et favorise le lien, le bien-être de la personne, son épanouissement dans une relation individuelle ou collective. Quel que soit le lieu où il exerce, il collabore étroitement avec une équipe de soins, la famille, les bénévoles. Il crée également du lien avec les partenaires du territoire. La certification « Animateur en gérontologie » est inscrite au RNCP. L’UNMFREO est l’organisme certificateur de ce titre précurseur, qui est conduit dans une quinzaine de MFR.

Les chiffres clés

  • 32 % de la population aura plus de 60 ans en 2050 (24 % en 2016)
  • En 2060, le nombre de personnes de plus de 85 ans passera de 2 à 5,3 millions.
  • L’espérance de vie des femmes devrait atteindre 91,1 ans contre 84,8 ans en 2015 (86 ans pour les hommes contre 78,4 ans en 2015).
  • 1,2 million de bénéficiaires de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) dont 60 % vivent à domicile et 40 % en établissement (en 2014)
  • 84 ans et 5 mois : âge moyen à l’entrée en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) en 2011.
  • 593 000 places (y compris accueil temporaire) pour personnes âgées dépendantes dans 7 400 EHPAD (2015).
  • Les services à la personne représentent 4,8 % des emplois (non-délocalisables) et emploient 90% de femmes.

SOURCE : Salon Services à la personne 2016/DRESS

Témoignage /// Marie-Thérèse Sarraille, monitrice à la MFR de SAINT-FLOUR (CANTAL) : ❝ACCOMPAGNANT ÉDUCATIF ET SOCIAL : UN NOUVEAU MÉTIER AVEC LE DEAES ”

Le nouveau Diplôme d’État Accompagnant éducatif et social (DEAES) est le premier niveau de qualification (niveau V) placé dans le champ de l’action sociale et médico-sociale. Il est né de la fusion de deux diplômes d’État qu’il a remplacés : Auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et Aide médico-psychologique (DEAMP). Il a pris chez l’un, une dimension sociale qui prend en compte l’accompagnement des personnes de façon singulière pour mettre en place une relation d’aide adaptée dans toutes ses dimensions en relation avec la famille et l’ensemble des autres professionnels, et chez l’autre une dimension éducative qui rend la personne aidée plus active et responsable de ses choix de vie. « On a donc croisé ces deux approches différentes pour créer un nouveau diplôme et entériner un nouveau métier : accompagnant éducatif et social », explique Marie-Thérèse Sarraille, monitrice à la MFR de Saint-Flour dans le Cantal, responsable des formations Services à la personne. Cet accompagnement global change la nature du métier, notamment à domicile. Ce nouveau diplôme est constitué d’un socle commun (504 heures de formation) et de trois spécialités (147 heures) au choix : l’accompagnement à domicile, la vie en institution (éducation spécialisée ou pour personnes âgées) ou le champ de l’inclusion scolaire (à l’école auprès de jeunes souffrant d’un handicap). « Le volume d’heures important consacré au socle commun va permettre de fédérer les différents professionnels de ce secteur. Ils doivent se spécialiser en fonction des lieux d’exercice du métier », précise Marie-Thérèse Sarraille. La formation laisse également une part importante à la pratique professionnelle (830 heures de stage). « Cela renforce pédagogie car il y a une meilleure prise en compte du terrain qui est véritablement support de formation. Ces professionnels doivent être imprégnés des réalités de terrain. L’analyse de la pratique est un pan important de la formation. » « Les lieux de stage, au nombre de 3, permettent d’élargir la connaissance du public ou son champ de compétences par rapport à des problématiques d’intervention, je pense, par exemple, à la maladie d’Alzheimer ou à des pathologies que les professionnels vont devoir accompagner à domicile et qu’il est intéressant de savoir appréhender », explique la monitrice. Les personnes titulaires de ce diplôme d’État, quelle qu’en soit la spécialité, pourront ensuite se former à l’une ou l’autre des spécialités. « Par exemple actuellement, dans notre premier groupe en formation DEAES, il y a deux jeunes, titulaires du DEAVS, (l’équivalent du nouveau DEAES) spécialisées dans le domicile, qui viennent chercher seulement les 147 heures de formation dans de la spécialité « Structure ». C’est une ouverture dans ce métier qui sera moins cloisonné. Cela permettra une plus grande mobilité professionnelle. On devrait ainsi réussir à créer de l’interdisciplinarité dans les approches professionnelles. C’est très prometteur. »  (Propos recueillis par S.B.)

Lien des Familles n°357 - Dossier formation - Télécharger le PDF

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SERVICES AUX PERSONNES /// Les MFR proposent les formations suivantes :

Cycles 4e/3e - DIMA : découverte des métiers par alternance
CAP Agent de propreté et d’hygiène
CAP Assistant technique en milieu familial et collectif
CAP Maintenance et hygiène des locaux
CAP Accompagnant Educatif Petite enfance (AEPE)
CAPa Services aux personnes et vente en espace rural (SAPVER)
BEPA Services / Services aux personnes (Certification intermédiaire)
Mention complément. Aide à domicile
Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social (DEAES)
Titre pro. Agent de propreté et d’hygiène
Titre pro. Assistant de vie aux familles (ADVF)
Titre RNCP Assistant de vie dépendance
Titre RNCP Assistant maternel/Garde enf.
Titre RNCP Auxiliaire en gérontologie
Titre RNCP Employé familial
Diplôme d’État Aide-soignant
Diplôme d’État Auxiliaire de puériculture
Assistant de Soins en Gérontologie
CQP Agent thermal
Bac Pro Services aux personnes et aux territoires (SAPAT)
Bac Pro Accompagnement soins et services à la personne (ASSP)
Bac techno. Sciences et technologies de la santé et du social (ST2S)
Titre RNCP Animateur en gérontologie
BP JEPS
CQP Conseiller funéraire
BTS Diététique
BTS Économie sociale et familiale
BTS Services et prestations des secteurs sanitaire et social (SP3S)
Diplôme d’État de Conseiller en économie sociale et familiale (DECESF)
Titre RNCP Responsable de résidence sociale et service du logement accompagné
Titre RNCP Responsable de secteur - services à la personne
Certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale (CAFERUIS)
Titre Directeur d’établissement de l’économie sociale
Titre Directeur d’établissement de l’intervention sociale

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Animateur gérontologie : contribuer au bien-être de la personne âgée

Le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans va passer de 1,4 million à 5,4 millions en 2060. Ceux de plus de 60 ans de 15 à 24 millions. Comment anticiper le vieillissement de la société ? C’est tout l’objet du projet de loi pour l’Adaptation de la société au vieillissement qui aborde le « bien vieillir » et la protection des plus vulnérables. Le renforcement du maintien à domicile est l’enjeu principal du texte : actions de prévention et d’animation, adaptation des logements, allocation. Dans le même temps, les maisons de retraite accueillent des résidents plus âgés qui sont davantage en situation de dépendance. D’autres manques se font sentir pour les personnes vieillissantes en situation de handicap. La situation actuelle révèle le besoin pour les personnes âgées de maintenir, voire de développer un lien, une vie sociale. Le nouveau métier d’animateur en gérontologie permet de répondre à cet enjeu de société.

Présentation du métier Animateur en gérontologie - Une réalisation des MFR de Vendée

 

Un secteur en mutation

L’animateur en gérontologie accompagne la personne âgée dépendante ou la personne handicapée vieillissante dans les structures ou à domicile, repère ses besoins et ses attentes. Il favorise le lien, le bien-être de la personne dans une relation individuelle ou collective. Il collabore étroitement avec une équipe de soins, la famille, les bénévoles.  L’animation au service de la personne âgée, voilà toute la richesse et l’innovation du titre précurseur d’« Animateur en gérontologie », de niveau IV, porté par l’UNMFREO.

Des MFR, spécialisées dans les Services à la personne, développent ce titre, très en lien avec les demandes des professionnels. Il répond à des besoins qui ne sont pas nouveaux mais qui deviennent plus importants du fait du vieillissement de la population. Le métier trouve sa place petit à petit dans les structures qui accueillent des personnes âgées, mais aussi plus récemment dans les associations de services à domicile, dans les centres communaux d’action sociale.

« Nous travaillons sur la connaissance de la personne âgée, le projet d’animation, la démarche d’accompagnement et les activités », explique Christine Jottras, responsable de la formation de la MFR d’Agencourt (côte d’Or). « Nous sommes des artisans de la formation. C’est un titre vivant, qui n’est pas figé. Chaque MFR ajuste en fonction de son territoire ». à Agencourt, 30 % de professionnels interviennent dans la formation (médecins, kinésithérapeutes, psychologues…). Ils participent également aux jurys. La MFR est à l’écoute des attentes. Elle adapte la formation en permanence. C’est pourquoi, elle propose cette année à plusieurs types de public de suivre ensemble la formation : les personnes demandeurs d’emploi font le parcours en 1 an alors que les salariés qui souhaitent devenir animateurs dans leurs structures, soutenus par leur employeur, suivent la formation sur 2 ans. Par ailleurs des professionnels (infirmières, aides-soignantes…) viennent se former ponctuellement sur des thématiques précises comme « le processus de vieillissement » ou « la maladie d’Alzheimer »…

Un développement en relation avec les partenaires

Que le personnel soignant vienne se former à la gérontologie est un pas vers la prise en compte de besoins spécifiques à la personne âgée et une reconnaissance du travail conduit autour de cette certification. La MFR d’Agencourt assure aussi avec prudence que si le métier d’animateur en gérontologie est potentiellement en développement, il ne serait pas raisonnable de former trop de professionnels. L’insertion des stagiaires est un baromètre que le directeur de la MFR, Jean- Claude Alexandre, suit avec vigilance.

La MFR s’appuie sur son réseau de partenaires pour rester en phase avec les besoins. Elle est adhérente au Gérontopole Bourgogne/Franche-Comté, participe à l’association France- Alzheimer, elle est partenaire d’événements sur la vieillesse. « Nous sommes en veille permanente pour coller au contexte politique, économique et social et aller de l’avant », explique Pascaline Personnier, co-responsable de ce titre à Agencourt. La MFR réfléchit à développer une filière sur la gérontologie avec ses partenaires mais il est encore trop tôt pour en dire plus.

Animateur en gérontologie : les dates clés

  • 1995 : un besoin en compétences est identifié en animation, dans le secteur de la gérontologie.
  • 1998 : Le CFP de Cantenayépinard (49) démarre une formation.
  • 2007 : La certification « Animateur en gérontologie » est inscrite au RNCP* pour 5 ans et couronne le travail de plusieurs années du CFP.
  • 2009 : L’UNMFREO devient l’organisme certificateur du titre.
  • 2012 : La certification est à nouveau inscrite au RNCP pour 5 ans. Plusieurs MFR la mettent en oeuvre.

* Répertoire national des certifications professionnelles

Les chiffres clés du secteur

  • 693 000 personnes vivent dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées (fin 2011), trois quarts des effectifs sont des femmes.
  • L’entrée en institution en 2011 est de 84 ans et 5 mois.
  • Les résidents sont plus dépendants qu’en 2007.
  • Fin 2011, 22 % des résidents souffrent de la maladie d’Alzheimer ou apparentée.
  • 2014-2019 : nouveau plan Alzheimer élargi aux affections neurodégénératives.
  • 2014 : projet de loi sur l’Adaptation de la société au vieillissement (en discussion) pour développer le maintien à domicile des personnes âgées.

Source : Chiffres clés / DREES

Témoignage /// Maxime P, Agent de lien social au CCAS de Chalon,

stagiaire « Animateur en gérontologie »

 

« Je travaille à domicile, mon objectif est de lutter contre l’isolement des personnes âgées. Il y a beaucoup de portes fermées. Il faut savoir se comporter pour comprendre de quoi les personnes âgées ont besoin. La formation m’aide à poser plus vite les bonnes questions. J’essaie de savoir ce qu’elles aiment faire, ce que je peux leur apporter. »

 

Témoignage /// Corinne P, Auxiliaire de vie sociale et animatrice en EHPAD,

stagiaire « Animateur en gérontologie »

 

« Pour moi animer une personne, c’est la rendre joyeuse, la faire sourire. C’est très enrichissant. Sans formation, on bute parfois sur des personnes qui veulent qu’on les laisse tranquilles. La formation nous aide à trouver les moyens d’entrer en communication avec elles. »

 

Témoignage /// Patricia R, directrice d’EHPAD, ❝un savoir-faire spécifique "

En tant que directrice d’EHPAD*, je pense que l’animation est très utile car nous accueillons des personnes très dépendantes, de plus en plus souvent atteintes par des maladies dégénératives. Il est important d’avoir une personne identifiée qui prend en charge les activités mais l’animation est aussi l’affaire d’une équipe et d’un projet. Il y a longtemps que ce métier existe mais c’est récemment qu’il commence à être pris en compte réellement par les financeurs. Les dernières structures qui sont nées dans la région par exemple ont ouvert avec des postes de temps plein sur l’animation, c’est un signe. Dans mon EHPAD, ce n’est pas le cas, je ne bénéficie pas d’un temps complet. « Pour moi animer une personne, c’est la rendre joyeuse, la faire sourire. C’est très enrichissant. Sans formation, on bute parfois sur des personnes qui veulent qu’on les laisse tranquilles. La formation nous aide à trouver les moyens d’entrer en communication avec elles. » Pour moi l’animateur a trois missions, accompagner, animer et coordonner. Il existe une spécificité de la personne âgée. Quand on est cuisinier en EHPAD, on ne fait pas la cuisine sans prendre en compte les besoins particuliers de la personne âgée. Pour l’animation c’est la même chose. C’est pourquoi, l’animateur auprès des personnes âgées doit avoir une connaissance de la vieillesse. Il ne faut pas en avoir peur et en connaître les pathologies. L’animateur est dans une relation qui est souvent individuelle, de courte durée. Il s’agit parfois de prendre un café avec la personne pour tisser une relation très précieuse. L’animateur va chercher à mettre en place des moments d’échange et de communication adaptée. » 

Témoignage /// Murielle G, 46 ans, Animatrice en gérontologie, ❝l’animateur ne fait rien tout seul”  

Comment devient-on animatrice en gérontologie quand on a été secrétaire juridique pendant 21 ans ? Murielle a suivi la formation à la MFR d’Agencourt (Côte d’Or) l’an dernier et a trouvé un emploi ses examens tout juste passés.  Pour faire ce métier, il faut avoir la fibre. Il faut avoir envie d’apporter quelque chose aux autres. J’avais en tête de travailler avec les personnes âgées depuis longtemps. Le déclic est venu le jour où j’ai dû monter un dossier de saisie immobilière contre une dame âgée. Je n’ai pas voulu m’attaquer de cette façon à une personne vulnérable. J’ai jeté l’éponge. Après deux courtes expériences en EHPAD*, j’ai posé ma candidature à la MFR d’Agencourt en gérontologie. J’avais trouvé la formation qu’il me fallait : intensive, passionnante, formidable. J’y ai appris un métier et j’ai pris confiance. J’ai passé les examens, que j’ai obtenus, en septembre dernier et j’ai trouvé un travail fin septembre. Je suis aujourd’hui animatrice en gérontologie dans un EHPAD dans le sud de la Saône-et-Loire. Je ne reviendrais en arrière pour rien au monde. À l’EHPAD, j’occupe une position centrale entre les résidents, l’équipe de collègues et les familles. L’animation est essentielle dans une maison de retraite même si le métier n’est pas encore bien connu. Il a fallu que je fasse ma place. Je travaille en autonomie mais à ce poste, on ne fait rien tout seul. Il faut tout partager. Je suis entourée de l’équipe administrative (notamment le directeur mais aussi la maîtresse de maison, les cuisiniers, l’homme d’entretien) et de l’équipe soignante (tout le personnel médical) qui m’indique, chaque jour, les personnes qui ont particulièrement besoin d’être entourées. Je conduis des activités individuelles le matin et collectives l’après-midi.  Pour faire ce métier, il faut de l’organisation et de la créativité. Il faut aussi savoir se remettre en cause quand les animations ne fonctionnent pas comme on le voudrait et imaginer d’autres façons de faire. J’organise mon planning d’animation quinze jours à l’avance. J’apporte toutes mes idées. Je les valide avec le directeur. Ensuite j’en informe l’équipe qui répond à mes demandes car j’ai souvent besoin de personnes de l’équipe pour m’accompagner. Un climat de confiance Les personnes âgées sont un public spécifique. Il faut savoir leur parler, prendre soin d’elles. Ce sont des personnes qui ont besoin de bien-être. Par exemple, je pratique le « toucher-détente », c’est en quelque sorte un massage sur les mains et les pieds. Les résidents sont très contents, ils en parlent entre eux. J’ai été obligée de faire une liste d’attente ! J’ai une relation particulière avec les résidents. Je ne porte pas de blouse blanche. Ils me racontent des choses. Je fais le lien entre eux et l’équipe. J’organise des ateliers créatifs, de la cuisine, des jeux, des discussions. Nous espérons acheter bientôt un écran géant pour pouvoir projeter des photos, des vidéos, pour faire participer davantage de personnes. À la demande des résidents, j’anime de la gymnastique douce. Pour Noël, nous avons prévu d’acheter un parcours de marche pour travailler la motricité. J’ai toute liberté d’inventer. On peut faire avec peu de moyens. Être animatrice, c’est donner de la vie, créer un lien social, un climat de confiance. C’est favoriser les acquis des personnes dans leur plus grand respect.

*Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes  

 

Lien des familles n°349 - Dossier formation - Télécharger le PDF

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ANIMATEUR EN GERONTOLOGIE /// 13 MFR préparent à cette formation :

MFR Maltot (14)
MFR Chevanceaux (17)
MFR Agencourt (21)
MFR Morre (25)
MFR Saint-Hippolyte du Fort (30)
MFR Saint-Père en Retz (44)
MFR Saint-Barthélémy d’Anjou (49)
MFR Tôtes (76)
MFR Conty (80)
MFR La Mothe Achard (85)
MFR Gençay (86)
MFR Lamentin (Guadeloupe)
MFR Le Tampon (La Réunion)

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Travailler auprès des enfants

Garder les enfants, participer à leur éducation, prendre soin d’eux, les distraire… Les métiers sont nombreux, les qualifications également, du niveau V aux études supérieures. Ils attirent surtout un public féminin. Beaucoup de formations sont accessibles par concours. Les collectivités territoriales, les structures publiques et associatives sont les principaux employeurs. Les MFR forment des jeunes dans ce secteur par la voie de la formation scolaire par alternance, par apprentissage et en formation continue.  

Une multitude de métiers

Aimer les enfants ne suffit pas pour se plaire dans le travail auprès d’eux. Il faut surtout avoir le sens du relationnel et des responsabilités, de l’empathie, de l’écoute, de la patience et de la disponibilité. Il existe une multitude de métiers accessibles à des niveaux de formation différents. Depuis la réforme du diplôme d’infirmière et la suppression des formations BEP au profit du bac professionnel, une réflexion est en cours sur les niveaux des concours tels qu’Auxiliaire de puériculture ou Aide médico-psychologique qui pour l’instant sont accessibles sans condition de diplôme et de niveau V.

Des métiers dès le CAP

Il existe des possibilités de formation après la 3e notamment avec le CAP Petite Enfance (Éducation nationale) dispensé en Maison familiale par apprentissage ou en formation continue et le CAPA Services en milieu rural (ministère de l’Agriculture) en alternance sous statut scolaire ou en formation continue. Ces deux CAP sont à vocation « finalisante » mais on peut également poursuivre ses études. Le CAP Petite enfance débouche sur l’emploi en structure d’accueil collectif d’enfants de 0 à 6 ans. Il est donc possible de travailler en crèche ou en halte-garderie pour s’occuper de l’entretien des locaux, du linge et de la cuisine ainsi que des enfants en renfort de l’équipe. Il permet de travailler comme ATSEM (Agent Territorial Spécialisé des écoles Maternelles). Ce CAP donne l’équivalence du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur) demandé dans les centres de loisirs. Les métiers de garde d’enfants à domicile comme assistante maternelle sont accessibles aussi. Après la 3e, le CAPA Services en milieu rural est une autre voie. C’est un diplôme polyvalent ouvert sur trois secteurs professionnels (accueil-vente, services à la personne, hôtellerie- restauration) vers lesquels il est possible de poursuivre dans les bacs professionnels correspondants (si le niveau le permet). Certains jeunes choisissent aussi à l’issue de ce CAPA de passer le CAP Petite enfance en un an. Avec ces CAP en poche, il est envisageable de réussir les concours pour préparer les diplômes d’État du secteur médico-social comme auxiliaire de puériculture ou aide médico-psychologique, par exemple pour ne mentionner que ceux où il est possible de s’occuper d’enfants. Il existe aussi un titre du ministère du Travail proposé par plusieurs MFR « Assistant de vie aux familles », une formation en 3 modules (dont l’un concerne la petite enfance). Le tremplin du bac Les jeunes, intéressés par les services à la personne, qui se sentent armés pour passer un bac directement après la 3e ont plusieurs choix.

À l’Éducation nationale : les MFR conduisent le bac professionnel Accompagnement soins et services à la personne (en structure) qui prépare à des métiers émergents ainsi que le bac professionnel Services de proximité et vie locale qui forme des « coordinateurs d’accompagnement et d’intégration des publics » (par exemple des jeunes en difficulté sociale ou handicapés…).

Au ministère de l’Agriculture (en alternance sous statut scolaire), les MFR proposent le bac professionnel Services aux personnes et aux territoires. Si le bac professionnel prépare bien sûr à l’insertion dans l’emploi, il est également un tremplin pour poursuivre des études (concours, BTS, études supérieures). Quelques MFR proposent également le bac technologique « Sciences et technologies de la santé et du social », accessible après une seconde générale et technologique. Il est choisi par les jeunes qui envisagent des études supérieures (concours infirmier, éducateur de jeunes enfants, éducateur spécialisé ou BTS, DUT…).

Les chiffres clés

  • 60 000 auxiliaires de puériculture
  • 63 000 éducateurs spécialisés
  • 25 000 moniteurs éducateurs
  • 14 000 éducateurs de jeunes enfants
  • 12 000 puéricultrices
  • 5 900 psychomotriciens

Source : Les métiers.net  (2012)

Témoignage /// MARGOT TISSOT, 22 ANS, ÉDUCATRICE SPÉCIALISÉE : UN PARCOURS RÉUSSI GRÂCE AUX MFR

En fin de 3e, je savais déjà que je voulais travailler dans le secteur médico-social. J’avais de bonnes notes et j’ai eu la chance d’avoir une maman qui travaillait dans le réseau des MFR et qui a insisté pour m’inscrire en BEPA à la MFR du Villaret à Thônes (74). J’ai fait des stages en crèche, en école maternelle, en milieu hospitalier, dans un centre de loisirs qui accueillait des jeunes handicapés. Ces stages m’ont confirmé que je voulais travailler avec un public en situation de handicap. J’aimais le contact avec ces enfants, les difficultés, les questionnements que cela provoquait en moi. La MFR conduisait le bac ST2S par apprentissage. J’ai été prise dans la formation à la suite d’un oral mais malgré toutes mes recherches, je n’ai pas trouvé de structures accueillant des handicapés pour faire mon apprentissage en raison de mon jeune âge (15 ans). J’ai donc travaillé en animation dans un centre de loisirs. Pendant mon année de terminale, j’ai obtenu l’écrit du concours d’éducateur spécialisé (tout juste 11 !). Quand j’ai passé mon bac, j’ai su que j’étais prise à l’IREIS d’Annecy à la suite d’un oral où j’ai eu une très bonne note. Je veux souligner que cette réussite, je la dois à toutes les expériences accumulées lors de ma formation en MFR. J’avais, lors d’un stage, rencontré une petite fille sourde et muette dont je suis devenue la baby-sitter, j’avais appris à communiquer avec elle par le « langage parlé complété ». J’avais réalisé un projet d’utilité sociale dans un foyer de vie pour personnes handicapées. J’avais fait beaucoup de rencontres. J’étais aussi très bien entraînée à passer des oraux. J’ai obtenu mon bac et je suis devenue éducatrice spécialisée après 3 ans de formation en alternance. J’ai fait mentir tous ceux qui m’avaient dit que j’étais trop jeune pour réussir ! Depuis, je remplace, pour la durée de son congé maternité, la directrice du centre de loisirs où j’avais effectué mon apprentissage (mon diplôme me permet d’occuper ce poste). Je dirige une équipe d’une douzaine de personnes dont certaines sont celles qui m’ont permis d’évoluer et de grandir quand je passais mon bac. J’accueille un apprenti et des stagiaires de la MFR, je suis vraiment passée de l’autre côté de la barrière ! J’aspire une fois mon contrat terminé à travailler dans la protection de l’enfance. Ce qui génial avec ce diplôme, c’est qu’on peut faire plein de métiers différents à chaque fois qu’on change de tranche d’âge ou de public. Il y a beaucoup de formations, de colloques, pour évoluer ensuite il est possible de devenir chef de service en passant un examen. Je ne suis pas pressée, j’ai encore beaucoup à découvrir.

Concours /// AUXILIAIRE DE PUÉRICULTURE ❝ UNE FORMATION POSSIBLE EN APPRENTISSAGE ”

À Thônes « Le Villaret », la MFR est le seul établissement dans le réseau à préparer le diplôme professionnel d’auxiliaire de puériculture (niveau V) par apprentissage.  L’auxiliaire de puériculture s’occupe des enfants de 0 à 18 ans, bien portants, malades, en souffrance ou handicapés. Il travaille dans les crèches, les PMI (protection maternelle infantile), en milieu hospitalier… Il prend en charge les nouveau-nés dans les maternités, les services de néonatalogie, les nourrissons, les plus grands enfants pour prodiguer les soins quotidiens d’hygiène, d’alimentation, d’éveil visant au bien-être, à l’autonomie et au développement de l’enfant. Il agit en lien avec les familles, au sein d’une équipe pluridisciplinaire sous la responsabilité d’une infirmière ou d’une puéricultrice. L’auxiliaire de puériculture peut changer de secteur en passant le diplôme d’aide-soignant (chargé de l’hygiène, du confort des patients adultes) ou aide-médico psychologique (qui exerce une fonction d’accompagnement dans la vie quotidienne auprès d’enfants, d’adolescents, d’adultes en situation de handicap physique ou mental). Des passerelles existent aussi vers éducateur de jeunes enfants. Après 3 ans d’expérience professionnelle, il est envisageable de passer le concours d’infirmier.

Lien des Familles n°340 - Dossier formation - Télécharger le PDF

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PETITE ENFANCE /// Le mouvement des MFR prépare les certifications suivantes :

Cycles 4e/3e - DIMA : découverte des métiers par alternance
CAPa Services aux personnes et vente en espace rural (SAPVER)
CAP Accompagnant Educatif Petite enfance (AEPE)
Bac Professionnel Services aux personnes et aux territoires (SAPAT)
Bac Professionnel Accompagnement soins et services à la personne (ASSP)
Bac Professionnel Services de proximité et vie locale
Bac Technologique Sciences et technologies de la santé et du social (ST2S)
BTS Économie sociale et familiale
Diplôme d’État de Conseiller en économie sociale et familiale
Diplôme d’État d’aide médico psychologique (niveau V)
Diplôme professionnel Auxiliaire de puériculture (niveau V)
Diplôme professionnel Aide-soignant (niveau V)
Titre professionnel Assistant(e) de vie aux familles (niveau V)  

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